Le Ricardo que tant de Québécois (et de Canadiens) aiment et connaissent grâce à la télévision ne feint pas la gentillesse au petit écran. Loin de là. Quand la caméra s’éteint, l’animateur sait aussi établir des relations vraies et sincères avec les autres.
Dans la vie comme sur le plateau de tournage, Ricardo Larrivée prend toujours le temps de saluer, d’encourager et de remercier les gens avec qui il travaille. De près ou de loin. Ricardo est tout sauf un solitaire. Et la clé de son succès se trouve, en partie, dans son côté rassembleur. C’est un gars d’équipe, un homme de famille, un épicurien. Il aime profondément le monde; et le monde le lui rend bien. Avec cet homme charismatique, échanger, cuisiner et manger, c’est du gâteau!
Il était une fois dans l’Ouest
Ricardo a trouvé sa vocation « par accident ». À la fin des années 1980, le jeune Montréalais complète des études en gestion hôtellière à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Mais il craint la routine du travail de bureau. Il décide alors de s’inscrire en communication au Collège Algonquin d’Ottawa. Deux ans plus tard, ce diplômé décroche un emploi de technicien à la chaîne française de la radio de Radio-Canada… à Regina, en Saskatchewan.
Après le boulot, Ricardo se tient fort occupé… à la cuisine. Évidemment! « En moins d’un an, plus de la moitié du personnel de la station avait goûté mes plats », se souvient-il. C’est dans les Prairies aussi qu’il découvre la recette idéale pour se faire de nouveaux amis : tous les week-ends, il accueille chez lui des gens pour un repas et une soirée délectables! Son amour de la cuisine est vite remarqué par ses patrons. On lui offre une chronique sur la cuisine internationale à la station de télévision locale, cette fois.
Amour, délices et succès
De retour au Québec, au milieu des années 1990, Ricardo collabore en tant que chroniqueur bouffe au journal La Presse, et aussi à l’émission Les Saisons de Clodine télédiffusée à TVA. Il rencontre l’amour de sa vie, sa partenaire Brigitte Coutu, diplômée en nutrition avec qui il aura trois adorables filles, aujourd’hui âgées de 11, 9 et 6 ans.
De chronique en chronique, de projet en projet, le virtuose de la batterie de cuisine gravit les échelons du succès. En plus de donner ses recettes en français à son émission du matin qu’il anime à Radio-Canada depuis sept ans, il le fait désormais en anglais à Ricardo and Friends, sur Food Network. Dans l’une de ses trois cuisines qu’il a transformée en studio, chez lui à Chambly, l’animateur enregistre souvent plusieurs émissions dans une journée, passant de l’anglais au français et vice versa. « Depuis que j’ai commencé Ricardo and Friends, en octobre 2006, j’ai davantage de plaisir à parler anglais, à jouer avec les subtilités de la langue. Mais je ne veux pas perdre mon accent québécois. Car mon accent, c’est ma personnalité! », tranche l’animateur qui ne changera pour plaire aux téléspectateurs anglophones. « J’espère qu’ils vont m’aimer comme je suis. Si Céline Dion l’a fait, je peux bien essayer de le faire aussi!», lance t il dans un grand éclat de rire.
Ricardo est aussi un fervent défenseur des produits locaux. Il veut utiliser sa tribune pour faire découvrir à la population canadienne les diverses cuisines des régions. « Il faut manger selon la région où l’on habite au pays, et la nature autour de nous.Le lieu géographique influence – ou devrait le faire – notre manière de cuisiner. Il y a aussi l’héritage du passé, de la culture. Le Québec est naturellement plus tourné vers l’Europe, et la Colombie-Britannique, vers l’Asie.» En plus du terroir, Ricardo se passionne pour l’action sociale à travers son métier. Il est porte-parole et actif auprès de La Tablée des chefs, un organisme qui offre, entre autres, des cours de cuisine et camps de vacances destinés aux adolescents provenant de milieux défavorisés. Un geste important selon Ricardo. Car pour lui, savoir cuisiner et bien manger, c’est apprendre à se débrouiller dans la vie… et s’assurer d’un avenir meilleur.
Ricardo est aussi un passionné d’architecture et de patrimoine. Il a d’ailleurs restauré plusieurs édifices dans son Vieux-Chambly. Il les loue à des commençants et des restaurateurs qui partagent sa vision d’améliorer la qualité de vie du quartier.
En résumé, contrairement à la fameuse réplique de Molière dans L’Avare, Ricardo a décidé non pas de «manger pour vivre… mais de vivre pour manger»! Et surtout, d’en faire un art de vivre qui contribue au mieux-être du corps, de l’esprit, et de l’environnement.
Par Luc Boulanger







