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[titre] => Les boissons sucrées : des bonbons liquides
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[teaser] => Il n’y a pas si longtemps, pour étancher leur soif, les gens buvaient principalement de l’eau du robinet, du lait, du jus ou un verre de « liqueur » pour la visite et les occasions spéciales.
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[author] => Hélène Laurendeau
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[0] => Il n’y a pas si longtemps, pour étancher leur soif, les gens buvaient principalement de l’eau du robinet, du lait, du jus ou un verre de « liqueur » pour la visite et les occasions spéciales.
De nos jours, on achète de l’eau vitaminée sucrée, de la limonade rose, des punchs et des boissons de simili-jus à saveur de fruits, du thé glacé déjà sucré, des barbotines et des boissons sportives aux couleurs fluo, des boissons énergisantes sucrées et caféinées, des smoothies, des milk-shakes et des cafés glacés garnis de crème fouettée. On ne s’étonnera pas que la consommation de boissons sucrées chez les jeunes ait presque triplé en 30 ans.
Le terme est sans équivoque. Les boissons sucrées, qu’elles soient gazeuses, « fruitées », « énergétiques » ou avec sucre ajouté sont tout simplement des bonbons liquides, affirme Paul Boisvert, kinésiologue et coordonnateur de la Chaire de recherche sur l’obésité de l’Université Laval à Québec. Cela inclut également : jus de fruits purs, thés glacés du commerce, limonades, boissons pour sportifs et boissons énergisantes. Pourquoi ? « Parce que le sucre, ajouté ou naturel, en est l’ingrédient principal. Le fait que ce soit liquide a aussi une influence négative sur la satiété qui ne sera pas compensée par une réduction de la quantité de nourriture solide au repas suivant. » De plus, dans un cas comme dans l’autre, boissons sucrées et bonbons ne comblent jamais une véritable faim. Conséquence : les calories liquides s’additionnent au total
de la journée.
Combien de sucre caché?
Le programme Sip Smart! BC, élaboré par la Société de pédiatrie de la Colombie-Britannique, vise à éduquer les enfants de la 4e à la 6e année du primaire pour qu’ils choisissent mieux leurs boissons désaltérantes. Populaire auprès des professeurs, des jeunes et de leurs parents, le programme a donné de bons résultats en incitant les élèves à réduire leur consommation de boissons sucrées. Au Québec, il sera distribué dans une centaine d’écoles primaires dès la prochaine rentrée scolaire.
Comme les jeunes aiment les images, l’affiche How much sugar is in your drink du programme Sip Smart (Sois futé, bois santé ! pour la version québécoise) en dit long sur le nombre de carrés de sucre cachés dans les boissons qui ont la cote. Et vous, combien de carrés de sucre buvez-vous chaque jour ?
Pour voir l’affiche, téléchargez le pdf sur le site Sip Smart de l’Association pédiatrique de Colombie-Britannique à l’adresse http://dotcms.bcpeds.ca/sipsmart/, sous l’onglet Teachers, dans la section de la page s’intitulant Teaching Resources.
Quantité de sucre (en carrés) des boissons les plus populaires
- Café glacé avec crème glacée et crème fouettée: 500 ml - 20 carrés
- Barbotine (slush) : 1 litre - 20 carrés
- Cola : 591 ml - 16 carrés
- Soda à l’orange : 355 ml - 8 à 10 carrés
- Limonade commerciale : 591 ml - 8 carrés
- Boisson pour sportifs, type Gatorade : 591 ml - 8 carrés
- Thé glacé commercial : 473 ml 8 carrés
- Boisson énergisante, type Guru : 250 ml - 6 carrés
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En examinant le prix au litre des boissons, on est souvent tenté de choisir un format plus grand. Or les preuves sont formelles : plus le format est gros, plus la quantité consommée est grande… et plus les calories s’accumulent.
Des boissons sucrées qui menacent notre santé
Dans un dossier spécial sur le sujet publié l’automne dernier par l’Association pour la santé publique du Québec, des spécialistes ont résumé les effets néfastes des boissons sucrées sur la santé. Les voici :
› Gain de poids et obésité
Les boissons sucrées sont maintenant reconnues pour contribuer à l’obésité chez les enfants. Le risque d’obésité ou d’embonpoint augmente de 27 % si on boit au moins une boisson sucrée par jour.
› Diabète
Une consommation quotidienne de boisson sucrée double les risques de diabète chez l’adulte.
› Carie dentaire
Le sucre et les ingrédients acides contenus dans plusieurs boissons sucrées (même les boissons diètes) favorisent la carie. Les colorants ajoutés contribuent aussi à tacher les dents.
› Maladies cardiovasculaires
Plusieurs études attribuent au fructose des effets potentiellement nuisibles pour la santé cardiovasculaire. Le risque serait augmenté
de 40 %.
› Faible pouvoir rassasiant
Peu d’entre vous mangeraient quatre pêches comme collation... C’est pourtant la même quantité de calories (160) que vous buvez avec une canette de boisson sucrée. Sauf que le fruit frais fournit en prime des vitamines, des minéraux et des fibres qui calment la faim.
Les boissons diètes aussi coupables !
Oui, c’est vrai qu’elles contiennent zéro calorie. Sauf que… plusieurs s’en servent comme excuse pour « équilibrer » un repas de fast food ou accompagner une collation de junk food. Bye bye culpabilité ! De plus, les boissons diètes ou hypocaloriques nuisent à la santé des os à cause
de leur acidité et, dans le cas des colas, de leur teneur en caféine et en acide phosphorique. Enfin, les enfants et les ados adeptes de boissons diètes sur une base régulière boivent aussi moins de lait, source de 16 nutriments essentiels à leur croissance et à leur santé.
Sans compter que ces boissons diètes entretiennent le goût du sucre. Paul Boisvert explique l’astuce : « Quand on boit une boisson hypocalorique, nos papilles détectent un goût sucré, mais notre corps, lui, n’obtient rien ! Puisque le cerveau s’est fait jouer un tour, il veut compenser le sucre qu’il n’a pas eu… Il demande donc au corps de se rattraper en allant chercher ses calories au repas suivant. »
Format géant, mauvais placement
L’évolution du format dit moyen est éloquente. Lors de son lancement au Canada en 1906, la petite bouteille de Coke avait une capacité de
180 ml (6 oz). En 1930, elle doublait pour contenir 355 ml (12 oz), le format de la canette d’aluminium vendue actuellement. En 1955,
le format familial faisait son entrée avec 796 ml (26 oz). En 2011, le mot familial n’apparaît plus sur les contenants dont les formats oscillent entre la mini-canette de 237 ml (8 oz) et la méga-bouteille de 2 litres (70 oz).
Fontaine, je ne boirai pas de ton eau…
Pas facile de faire concurrence aux entreprises qui dépensent des milliards de dollars en publicité. Lors de notre entretien, Paul Boisvert m’a étonnée : « Quand je fais des entrevues dans les médias et dans mes cours aux étudiants en médecine, tu sais ce que j’entends ? L’eau, c’est out ! On veut quelque chose qui goûte, une boisson aromatisée… N’oublions pas que le goût demeure le facteur no 1 pour guider les consommateurs dans leurs choix d’aliments et de boissons. Dans ce cas, je leur suggère une eau embouteillée non sucrée avec arôme naturel ajouté, le citron par exemple. »
Vous avez soif ?
Si vous êtes capable de boire d’un trait deux énormes verres de jus, de limonade ou d’une autre boisson sucrée, c’est que vous êtes déshydraté. Au lieu d’engloutir plusieurs centaines de calories, commencez par boire de l’eau jusqu’à satisfaction. Si vous en avez envie, rien ne vous empêche de compléter ensuite avec un petit verre de la boisson de votre choix.
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Bien repérer le sucre déguisé
Il faut être vigilant en lisant la liste des ingrédients, car le sucre peut porter plusieurs noms : sucre blanc, sucre de canne, glucose, fructose, sirop de riz, sirop de maïs à haute teneur en fructose, miel, mélasse, cassonade. Ces différents sucres fournissent 4 calories par gramme, soit l’équivalent d’un petit carré de sucre. Chez nos jeunes voisins américains de 2 à 18 ans, la consommation de boissons sucrées au cours des 50 dernières années a grimpé de 87 à 154 calories par jour. Ils boivent aussi moins de lait, une boisson pourtant hautement nutritive.
Consommation quotidienne
« Il faudrait considérer les boissons sucrées au même titre qu’un dessert ! », tranche Paul Boisvert en ajoutant la recommandation suivante. « Je crois que les preuves sont suffisantes pour limiter notre consommation de boissons sucrées à une seule par jour, de préférence du jus de fruits 100 % pur. La quantité ne devrait pas dépasser 250 ml (8 oz) par jour, ce qui représente environ 100 calories ou 6 cuillères à thé de sucre. Il y en a qui vont trouver ça dur… c’est moins qu’une canette format régulier de 355 ml ou 12 oz. »
Boire de l’eau, c’est ennuyeux? Jazzez-la un peu!
› Coupez des tranches d’orange, de lime ou de kiwi pour aromatiser votre eau.
› Parfumez une eau pétillante avec une touche de sirop de grenadine ou d’autre fruit.
› Infusez votre propre thé vert ou noir, et servez-le glacé avec des quartiers de pêche pour une boisson vraiment désaltérante.
› Pressez un citron pour faire votre limonade maison et garnissez votre verre de feuilles de menthe fraîche et de quelques framboises.
› Préparez des glaçons de jus de fruits variés (mangue, raisin, canneberge…) et ajoutez-les dans un grand verre d’eau au gré de votre
inspiration.
Soif d’anecdotes?
Au Québec, 2 litres de lait 1 % coûtent trois fois plus cher que 2 litres de boisson gazeuse (4,05 $/1,33 $). Étrange !
Le site Internet d’une chaîne nationale de supermarchés propose au client désirant commander en ligne 176 choix de boissons sucrées, dont 59 colas, 52 eaux, 28 boissons sportives, 12 thés glacés et 7 poudres.
Les adolescents de 14 à 18 ans sont les plus importants consommateurs de boissons sucrées. Les garçons en boivent plus que les filles.
Page Facebook de Coca-Cola : 22 millions de fans
Page Facebook de l’eau Évian : 572 000 fans
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