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Canapés nouvelle vague

Canapés nouvelle vague

Lorsque j'étais étudiant, j'ai travaillé pour un excellent traiteur de Montréal. J'adorais ses canapés. J'en ai d'ailleurs mangé des milliers. Je peux maintenant l'avouer, car il a pris sa retraite. À cette époque, on commençait à appeler les canapés des « amuse-bouche ». C'est à croire que le mot « amuse-gueule » n'était plus assez chic !

Pourtant, quand j'étais enfant, les amuse-gueule étaient pour moi le chic du chic. À la maison, le coup d'envoi de toutes les réceptions était toujours le même : des chips, des peanuts et un p'tit verre de boisson gazeuse. Moi, c'était la suite qui me faisait saliver. Ma mère me tendait un plateau en disant : « Va leur offrir des amuse-gueule. » En descendant l'escalier qui menait au sous-sol, c'est sans retenue que je m'emplissais les joues des célèbres tranches de jambon cuit tartinées de fromage à la crème, roulées et tranchées. Un véritable chef-d'œuvre d'ingénierie, encore inégalé dans mes souvenirs.

À la même époque, je m'offusquais volontiers devant un Ritz ramolli par sa garniture, alors qu'une branche de céleri farcie de Cheez Whiz me semblait une trouvaille fabuleuse. Et si, d'aventure, la branche de céleri en question était coupée à la diagonale, c'était un signe incontestable que mes hôtes étaient de fins connaisseurs. C'était l'époque des partys sans alcootest, des boissons gazeuses sans aspartame et des légumes sans trempette. Mon oncle faisait un fou de lui, ma tante n'était pas plus grosse qu'aujourd'hui et le double dipping (retremper son morceau de légume après l'avoir déjà croqué) n'existait pas. C'était la fête, sans compromis. L'art de recevoir des années 50, 60 et même 70 était à son apogée. Les huîtres fumées avaient du panache et les œufs farcis devenaient légende.

Les canapés des années 2000 se sont ouverts sur le monde. Au-delà de leur fonction première, on attend d'eux qu'ils soient une découverte culinaire, qu'ils nous dépaysent. On sort ses brochettes, ses cuillères en argent et ses petits verres des placards, pour présenter des bouchées de poisson et de fruits de mer parfumées d'herbes fraîches. Et on ose les mélanges de textures !

Ricardo

Ricardo

Commentaire

  1. Tellement drôle à lire, surtout lorsqu'on a connu cette époque ! Heureusement que tout évolue pour le mieux...

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