Opération ménage du printemps

Par Hélène Laurendeau Mis en ligne le 7 mars 2012 5 stars (5)
Opération ménage du printemps

Vous ne savez plus ce qui traîne sur la dernière tablette de votre garde-manger? Et de quand datent ces petits pots sur l’étagère du réfrigérateur ? Et ces noix, ces céréales, ces fruits séchés? Qui dit printemps dit grand ménage! Et pourquoi ne pas en profiter pour cuisiner ces aliments oubliés, pas encore périmés ?

Réfrigérateur et garde-manger : des critères pour faire le tri

• Si la date de péremption de l’aliment est passée, jetez !

• Si le produit n’a pas de date de péremption, les chiffres indiqués sur l’emballage (ex. PA13-ED12 -Thaïlande 2107) ne vous serviront à rien pour déterminer si l’aliment est encore bon, à moins d’appeler la compagnie, et encore. En cas de doute, jetez!

• Si l’aliment n’a pas servi dans la dernière année, il y a peu de chance que ce soit votre préféré. Cuisinez-le ou donnez-le s’il est encore bon. Sinon, jetez !

• Certains aliments du garde-manger se conservent mieux au frais : farine de blé entier, noix et graines, huile de noix, pots déjà ouverts, graines de lin moulues, levure. Au réfrigérateur !

• Si vous devez toujours téléphoner à votre mère pour savoir si vos restes de poulet sont encore bons, allez plutôt sur le site Internet du MAPAQ www.mapaq.gouv.qc.ca et tapez « Thermoguide » dans la fenêtre de recherche. Vous obtiendrez la liste complète des durées d’entreposage à respecter au réfrigérateur et au congélateur pour les aliments périssables et moins périssables. Imprimez-la et conservez-la dans un tiroir de la cuisine !

Un mot sur l’armoire à épices
Le petit pot d’estragon datant de 1992 n’est certainement plus un grand cru! De même les pots d’épices décoratifs dans la cuisine achetés lors de votre mariage… Sachez que les fines herbes séchées perdent leur parfum après quelques mois. La durée de vie des épices moulues peut être plus longue, mais si elles ne dégagent plus d’arômes, ne vous attendez pas à des miracles côté saveur. Ici aussi, un bon ménage s’impose. Videz vos petits pots, lavez-les et refaites vos provisions de fines herbes séchées en achetant de petites quantités à la fois. Côté épices, il est toujours préférable de les acheter entières et de les moudre au moment de les utiliser.

Votre poudre à pâte réussit-elle le test ?
Un ami bien déterminé à cuisiner des gâteaux durant son week-end au chalet a constaté, bien malgré lui, qu’ils avaient plutôt l’air de… galettes ! Il faut savoir qu’avec le temps, la poudre à pâte devient moins efficace pour effectuer son travail d’agent levant. Une fois le contenant ouvert, on recommande de l’utiliser dans l’année. La vôtre est-elle encore active? Faites le test : déposez une cuillère à soupe de poudre à pâte dans un bol et ajoutez environ 75 ml (1/3 tasse) d’eau chaude. Vous devriez apercevoir une belle réaction effervescente. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut faire le deuil de votre vieille poudre à pâte.

Passer du chaud au froid : une manipulation mal maîtrisée
En matière de salubrité, il arrive souvent que nos aliments chauds demeurent trop longtemps sur le comptoir de la cuisine. « Les gens ne connaissent pas toujours les bonnes pratiques de refroidissement », constate Isabelle Trudeau, analyste à l’information et à la promotion au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. « Souvent, on croit que les aliments vont surir s’ils sont placés au réfrigérateur encore chauds. En réalité, ce problème survient uniquement quand les aliments prennent trop de temps à refroidir. » Voici donc la marche à suivre : après la cuisson, transférez vos aliments dans de plus petits contenants. Dès que vous pouvez les toucher sans vous brûler, c’est-à-dire lorsque la température atteint environ 60 °C (140 °F), rangez les plats à demi couverts au réfrigérateur, de façon à permettre à la chaleur excédentaire de s’échapper.

 

Temps de conservation au garde-manger (* source MAPAQ)

Boulagerie (ex. pain tranché, brioches): 1 semaine
Craquelins: 6 mois
Chocolat à cuisson: 7 mois
Conserves: 1 an
Noix en écake: 1 an
Beurre d'arachide: 2 mois
Fruits séchés: 1 an
Chapelure: 3 mois
Poudre à pâte et soda à pâte: 1 an
Riz, pâtes et semoule: 1 an
Gruau d'avoine: 6 à 10 mois
Céréales à déjeuner: 8 mois
Huiles végétales: 1 an
Farine blanche et sucre: 2 ans

Temps de conservation au réfrigérateur (*source MAPAQ)

Mayonnaise: 2 mois après ouverture
Fruits de mer (ex. crevettes, pétoncles): 1 à 2 jours
Plats cuisinés: 2 à 3 jours
Oeufs dans leur coquille: 1 mois
Oeuf dur: 1 semaine
Abats: 1 à 2 jours
Viande hachée, en cube ou tranchée très mince: 1 à 2 jours
Viandes cuites: 3 à 4 jours
Poisson gras (ex. saumon): 1 à 2 jours
Poisson maigre (ex. sole): 2 à 3 jours
Poisson fumé à froid (ex. saumon fumé): 3 à 4 jours
Beurre et margarine: 3 à 4 semaines
Lait: 3 à 5 jours après ouverture
Saucissons secs entiers: 2 à 3 semaines
Tofu: 1 à 2 semaines
Potages et soupes: 3 jours
Bacon: 7 jours

 


Les restes et les personnes âgées
Avec leur santé parfois précaire, les aînés sont plus à risque d’être victime d’une intoxication alimentaire. Plusieurs situations peuvent s’avérer problématiques à la maison. En voici quelques-unes.

• Un réflexe ménager, pour plusieurs, consiste à ne pas jeter quelque chose qui est encore bon. « Or la définition de ce qui est bon varie beaucoup ! », explique Michel Sanscartier, coordonnateur de nutrition clinique à l’Institut de gériatrie de Montréal. « Une petite moisissure sur un aliment qu’on enlève pour manger ce qu’il y a en dessous, c’est fréquent. Mais ça peut être dangereux s’il s’agit d’aliments frais, comme du fromage cottage, du yogourt ou un reste de repas. Avec l’âge, l’odorat et le goût diminuent, et cette perte sensorielle est encore plus marquée chez les personnes de 80 ans et plus. Elles ne peuvent donc pas se fier à leurs sens pour détecter si un aliment périmé dégage une odeur nauséabonde. En fait, peu importe l’âge, on ne devrait jamais prendre ce risque, car certains aliments contaminés ne présentent pas toujours des signes de détérioration. »

• Une réalité avec l’âge : l’apparition d’un déficit cognitif, c’est-à-dire un ensemble de conditions qui font en sorte qu’une personne ne réagit pas normalement à cause de troubles de mémoire à court ou à long terme, de troubles de l’attribution ou de la planification des actions… La travailleuse sociale Francine Pinard, de l’équipe de Soutien à domicile au CLSC Rosemont, en est souvent témoin. « Une personne âgée va oublier son poulet sur le bout du comptoir, même si elle est certaine de l’avoir rangé au réfrigérateur. Elle passera devant et ne le verra même pas. D’où les problèmes d’intoxication alimentaire. »

• Une diminution de l’appétit : que ce soit dans les plats préparés du commerce, ceux du traiteur ou les repas faits maison par un membre de la famille, les portions servies sont souvent trop grosses pour une personne âgée. Conséquence : des restes de table oubliés trop longtemps à la température de la pièce, propices à la prolifération des bactéries responsables d’intoxications. Ou encore, des restes placés au réfrigérateur trop longtemps.

• Un fléau selon nos deux experts consultés : la grande majorité des personnes âgées ne lisent pas les dates de péremption, soit à cause d’une mauvaise vision ou de capacités cognitives diminuées. Leur meilleur conseil aux enfants et autres membres de la famille ? Impliquez-vous auprès de vos aînés. Allez faire l’épicerie avec eux. Suggérez-leur d’acheter des aliments en petits formats : par exemple, un carton de six œufs au lieu de 12. Au rayon des viandes, demandez des petites portions de taille enfant. N’oubliez pas les fruits et légumes colorés pour mettre de la couleur dans leur assiette, ce qui est plus appétissant lorsque l’on mange seul. Au retour, aidez-les à ranger l’épicerie, divisez les aliments en portions individuelles et placez-les au congélateur. Faites remarquer à vos aînés s’il y a des aliments périmés ou défraîchis au réfrigérateur. Dans ce cas, n’hésitez pas et jetez-les !



 

Hélène Laurendeau

Hélène Laurendeau

Passionnée d’alimentation, de santé et de voyages gourmands, Hélène adore partager ses trouvailles avec le grand public. Diplômée en nutrition (Université de Montréal) et en épidémiologie (McGill), elle est active dans les médias depuis plus de 25 ans. À la télévision, elle fait équipe avec Ricardo depuis 2005 pour vulgariser ses connaissances avec la bonne humeur qu’on lui connaît. À la radio, Hélène collabore aussi chaque jeudi à l’émission Bien dans son assiette (Ici Radio-Canada Première). On peut également la lire dans le magazine Ricardo. Pour suivre Hélène sur les réseaux sociaux :
Twitter : @Hlne_Laurendeau
Facebook : Hélène Laurendeau Nutritionniste

Commentaires

  1. Doit- on laisser notre pain, au garde -manger ou au frigo./Marthe D.

  2. Merci pour cet excellent article.

  3. merci de nous rafraichir la mémoire car on se pose souvent la question

  4. excellent cet article

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