Symbole nutritionnel
La loupe, c’est le nouveau symbole placé à l’avant des emballages pour nous avertir lorsqu’un produit a une teneur élevée en gras saturés, en sucres ou en sodium. Le pictogramme indique «Élevé en» suivi du ou des nutriments dont il est question, avec «Santé Canada» au bas pour montrer qu’il s’agit d’une exigence de santé publique, et non pas d’un argument marketing.
Cet avertissement peut s’afficher pour un, deux ou trois nutriments, selon le produit, en fonction de la portion indiquée sur le tableau de la valeur nutritive. Il permet également de comparer rapidement des aliments ou des boissons d’une même catégorie. Par exemple, pour deux soupes en conserve qui ont la même portion, on privilégie celle qui affiche le moins de mentions «Élevé en».
Au Chili, trois ans après l’arrivée des avertissements à l’avant, les achats de produits «Élevé en» ont chuté de 15 à 37% selon le nutriment, preuve qu’un symbole bien visible peut faire bouger notre panier.
... Et sa santé
Toutefois, des chercheuses en nutrition de l’Université Laval ont constaté que les produits affichant «Élevé en sucre» ou «en sel» sont souvent moins chers que leurs équivalents plus sains. Cet écart de prix peut orienter les choix des ménages à budget serré et comporte un risque d’accentuer les inégalités de santé.
Avertissement pertinent
Si ce symbole apparaît aujourd’hui à l’avant des emballages, c’est parce que Santé Canada veut répondre à un problème de santé publique bien documenté. Au pays, on consomme encore trop de sodium, de sucres et de gras saturés. Et ces apports élevés sont des facteurs de risque majeurs de maladies chroniques, comme le diabète de type 2, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires.
Mais au milieu des allées surchargées, entre des centaines de produits, des promesses sur les emballages, des formats qui changent et des rabais qui brouillent les cartes, décider ce qui est vraiment mieux pour nous devient un vrai défi. Lire le tableau de la valeur nutritive demande du temps et des notions que tout le monde n’a pas.
Selon des chercheuses en nutrition de l’Université Laval, à l’entrée en vigueur en 2026, si les recettes étaient restées inchangées, environ 60% des produits les plus vendus au Québec auraient affiché «Élevé en» pour au moins un nutriment.
La loupe traduit donc une partie de ces informations en un signal simple placé à l’avant de l’emballage. Cela nous aide à repérer en un coup d’œil les boissons et les aliments moins favorables à la santé, ceux qui apportent trop de sucres, de sodium ou de gras saturés.
Avec l’avertissement «Élevé en», la responsabilité de faire de bons choix ne repose plus uniquement sur nos épaules. L’industrie alimentaire est poussée à agir, soit en améliorant la valeur nutritive de ses produits, soit en assumant la présence de ce pictogramme sur son emballage.
Repérage facile
Un autre avantage du nouveau symbole, c’est qu’il ne se laisse pas charmer par des allégations santé de l’industrie. Par exemple, un message marketing «riche en protéines» sur un emballage à l’apparence très «santé» accroche vite notre regard et on finit par ne pas examiner les grammes au tableau. Pendant ce temps, le sucre, le sel ou les gras saturés peuvent glisser hors de notre champ de vision. Heureusement, la petite loupe va le signaler d’emblée.
Quand la loupe n’apparaît pas
Certaines boissons ou certains aliments n’afficheront pas la loupe, et c’est normal. Soit l’aliment est exempté, soit il respecte les seuils. Sont exemptés les fruits et les légumes entiers ou coupés, frais, congelés ou séchés nature, le lait entier ou à 2%, les œufs, ainsi que des aliments au profil lipidique jugé sain, comme les huiles riches en gras insaturés (par exemple, canola, olive, etc.), les noix et les poissons gras.
Un guide utile, mais pas infaillible
Ce nouvel étiquetage simplifie les choix, surtout entre produits semblables. Mais l’alimentation ne se résume pas à trois nutriments. Le plaisir, la culture, le budget et la vie réelle comptent aussi. La loupe sert de repère pour décider. Ce n’est pas un verdict «bon ou mauvais» ni une raison de culpabiliser.