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Jardin de ville, jardin sur le toit

Jardin de ville, jardin sur le toit

Lorsque nous avons emménagé dans nos nouveaux bureaux, il y a un peu plus d’un an, Ricardo avait un rêve : aménager un potager sur le toit. C’est fait ! L’été dernier, notre premier jardin maraîcher a produit une montagne de légumes, à quelque 8 mètres du sol, en plein cœur de Saint-Lambert. Ricardo et l’horticulteur Antoine Trottier nous livrent leurs conseils pour jardiner en ville ou dans de petits espaces.

Planifier son potager

« Notre idée de départ, explique Ricardo, c’était de tirer profit de chaque zone inexploitée sur notre terrain. D’avoir le moins de gazon possible, d’où l’intérêt d’avoir des framboisiers, des plants de tomates, des vignes autour de la bâtisse. Mais le but était aussi de créer un projet commun, collectif. Tous les employés sont d’ailleurs invités à mettre la main à la terre. Et, avant toute chose, c’est sûr qu’on voulait que l’équipe cuisine expérimente le plus possible à partir de ce qu’on fait pousser. » En fait, que l’on jardine en banlieue, sur le toit ou dans un petit espace, ce devrait être la question de base : avec quels aliments a-t-on envie de s’amuser ? Que veut-on manger aux récoltes ? Des tomates cerises pour nos salades ? Avec quelles herbes a-t-on envie de cuisiner ? C’est la réponse qui va guider nos choix. Souvent, mieux vaut s’en tenir à quatre ou cinq variétés, et bien les maîtriser. En planter moins, mais mieux s’en occuper.

Ensuite, la règle numéro un pour choisir le bon emplacement, c’est d’installer son jardin là où les plants seront les plus exposés au soleil. Peu importe que ce soit sur le toit, à l’arrière de la cour ou sur le balcon, il faut compter un minimum de six heures d’ensoleillement par jour si on espère faire pousser fraises, tomates, carottes… On en profite pour tailler les arbres et les lierres pour donner le plus de soleil possible à notre jardinet. « Malheureusement, on doit parfois faire des deuils, affirme Ricardo. Si notre jardin n’est pas orienté côté soleil, on oublie notre projet d’avoir des tomates bien juteuses… Mais ça ne signifie pas qu’on ne peut pas planter autre chose. Et, surtout, qu’on n’aura pas de plaisir ! »

Pour les jardins peu ensoleillés
« Il n’est pas impossible d’avoir un potager dans une zone ombragée, souligne Antoine Trottier. Par contre, il faut aimer la verdure ! » On doit se tourner vers tout ce qui est légume en feuilles, comme les laitues, les choux, la roquette ainsi que les fines herbes, qui s’accommodent bien des zones plus ombragées. On doit faire une croix sur les fruits et les légumes racines, car bien que ces derniers poussent dans la terre, le tubercule a besoin de l’énergie du soleil pour grandir. En milieu urbain, rappelle Ricardo, il arrive fréquemment qu’on possède une cour ou un balcon avant à l’ombre (parce qu’on a des arbres devant la maison, des immeubles en hauteur, etc.), tandis que la cour arrière est plein soleil. « Mais rien ne nous empêche d’optimiser l’espace et de tirer profit des deux côtés ! On peut installer un bac en avant avec de la rhubarbe, par exemple, qui pousse bien sans lumière, et un autre à l’arrière avec les fruits et légumes qui aiment la chaleur. »

Des plantes faciles

Aubergines et tomates cerises sont très productives et poussent facilement. Les fines herbes, les laitues, les piments forts, la bette à carde et la roquette se cultivent très bien dans les potagers urbains.

Aubergine

Avantages et inconvénients des semis
Grâce aux semis, on peut choisir des variétés exotiques et anciennes, qu’on ne trouverait pas en jardinerie. Ils permettent de réaliser des économies avec le temps. Pour le jardinier inexpérimenté, les premiers résultats de semis ne donnent pas toujours le succès escompté, car il faut se procurer un peu d’équipement et s’attendre à avoir des pertes. À mesure qu’on gagne de l’expérience, cette opération devient plus rentable, note le cofondateur de l’entreprise spécialisée en agriculture urbaine sur les toits. « Il faut que je vous avoue que je ne sème pas ! Je préfère acheter mes plants en caissettes, tous beaux et parfaits ! » Même aveu du côté de Ricardo : « Faire ses propres semis, c’est pour les vrais tripeux. Mais si on a envie de cultiver des variétés différentes, des plants que les autres n’ont pas, pourquoi pas ? »

On commence quand ? « Dès qu’on en a envie ! » affirme Antoine Trottier. Puisque les plants intéressants commencent à sortir dans les marchés et centres de jardinage à la mi-mai, le début du printemps est le bon moment pour passer à l’action.

Images de plantes du jardin

Bien s'équiper

En soi, le jardinage est très simple et reste une activité très abordable. Côté matériel, on a besoin de bacs, de terreau à légumes et d’un arrosoir. Si on a la chance d’avoir un espace à même la cour arrière, il est pratique d’avoir un sarcloir pour enlever les mauvaises herbes et une fourche pour aérer et décompacter le sol au printemps.

Les bacs et contenants
Acheter des contenants dans le centre de jardinage ou les fabriquer soi-même, tout est possible. Sur Pinterest, on peut trouver une foule d’idées de contenants à fabriquer soi-même avec les matériaux du bord : grosses conserves métalliques pour les fines herbes, palettes pour faire pousser la laitue, seaux pour les plants de tomates, vieux bacs à recyclage vert… Mais on peut aussi se procurer des bacs conçus pour l’agriculture urbaine, explique Antoine. Parmi l’offre, on trouve la trousse prêt-à-pousser du projet Nourrir la citoyenneté, qui fait partie du réseau Alternatives (lesjardins.alternatives.ca). Pour 40 $, on obtient une petite jardinière écologique avec une réserve d’eau de 14 litres. C’est le modèle qu’on utilise sur le toit de Ricardo Media. C’est parfait pour partir un week-end sans s’inquiéter, puisqu’il garantit jusqu'à quatre jours d'autonomie en eau. Sur le marché, il existe également les Smart Pots des Urbainculteurs, des pots de jardinage en toile géotextile, aussi proposés en version murale (entre 8 et 155 $). « Ils ont l’avantage d’être plus abordables, mais puisque les pots sont perméables, cela nécessite un arrosage plus fréquent », mentionne Antoine Trottier. Leur durée de vie est d’environ huit ans.

Pour le potager à même le sol
On peut cultiver à même le sol sur la plupart des terrains résidentiels des grandes villes, mais il est possible de le surélever un peu en mettant un petit lit de terre au sol, ou encore en encadrant le jardin de planches de bois et en déposant une toile géotextile au fond.

À l’été 2015, Ricardo et Antoine se sont livrés à toutes sortes d’essais pour verdir Le toit et l’espace autour de la bâtisse. Ils ont même plantÉ des framboisiers en plein stationnement ! Tout le matériel du jardinier urbain a été testé : Pots en toile (pour le figuier), jardinières écolos, bacs. Leurs expérimentations ayant porté leurs fruits, ils ont prévu cette année doubler la superficie du potager.

Framboisier, bac et sac de toile

Maximiser son espace

Si l’on a accès à une clôture ou à un grillage, une culture à la verticale est tout à fait à propos. Les haricots grimpants, concombres libanais, certaines sortes de courges et les tomates cerises ont tout avantage à être plantés à la verticale pour aller chercher la chaleur dont ils ont besoin. On se rappelle toutefois que le jardin vertical pourrait faire de l’ombre aux fruits et légumes qui poussent au sol.

Le temps des vacances

Dans le cas des potagers en bacs et en pots, on demande à un ami fiable de passer régulièrement arroser notre jardin, ou on peut se procurer une minuterie. En terre, le potager a peu de chance de manquer d’eau, mais une absence prolongée risque de nous faire rater nos récoltes. « C’est le temps de passer le mot aux voisins et de les inviter à se servir », conseille Antoine Trottier.

Arrosoir

Choisir ses plantes et faire des associations

Puisqu’on a moins d’espace dans les potagers urbains, on maximise celui qu’on a en faisant du compagnonnage, c’est-à-dire que l’on associe plusieurs plants différents dans un même contenant. Les agencements possibles sont à l’infini. L’idée est de marier des plantes plus exigeantes (aubergines, tomates, poivrons, etc.) avec des feuillages. Voici deux bacs de compagnonnage qu’on a testés sur notre toit :

  1. Un plant de tomates cerises et un plant de piment fort sur les côtés, trois plants d’oignons au milieu, un plant de capucines et un plant de tagètes, pour attirer les insectes pollinisateurs et éloigner les pucerons.
  2. Un plant d’aubergine et un plant de poivron de chaque côté, un plant de cosmos à l’arrière et un couvre-sol de fraises.

Les plantes « amies » s’entraident et permettent d’attirer ou de repousser les insectes. À cet effet, les fines herbes (tels la sauge, la coriandre, le thym) sont de bonnes candidates pour éloigner les parasites. Même quand elles ne sont pas comestibles, les fleurs contribuent aussi au bien-être du jardin en favorisant la pollinisation du potager. Il est également conseillé d’éviter de planter des plantes de la même famille dans le même contenant, pour décourager les insectes nuisibles de saccager tout le fruit de notre labeur.

Tenir les écureuils à l’écart

Comment éloigner l’ennemi numéro un des jardiniers urbains ? « Poser un filet ou un grillage autour des plants est une bonne idée, affirme Antoine. Certains aspergent aussi les plants de poivre de Cayenne pour rabrouer les rongeurs. Il faut toutefois en remettre souvent, car la pluie et l’arrosage en annulent l’efficacité. L’odeur du fumier de poulet en granules que l’on mouille et dépose sur la terre semble aussi les repousser. »

Filet

Arroser à intervalles réguliers 

Antoine Trottier préfère arroser tôt le matin, car c’est à ce moment que les plantes ont besoin d’eau pour continuer leur croissance. « Les arroser tous les jours à notre réveil permet de créer une routine qui s’intègre facilement dans notre journée. » Le midi, il fait plus chaud, l’eau s’évapore plus vite et les gouttelettes d’eau peuvent abîmer les feuilles si elles sont au soleil. On peut arroser le soir, mais si notre jardinet a des problèmes fongiques, cela pourrait aider la prolifération des champignons, qui aiment les milieux humides.

Commentaire

  1. Ça nous encourage à jardiner, même dans un petit espace!

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