Recettes  

L’hôte parfait? C’est moi.

Chaque année, c’est le même dilemme : que va-t-on servir à la cousine, à la tante, au beau-frère qui ne mangent pas de ceci à cause de cela, et patati et patata ? Restons calmes : ce petit guide vient justement à notre rescousse.

Invitée n°1: Les petits invités

Les enfants adorent les fêtes… à condition qu'ils y trouvent de quoi s'amuser et se régaler. Ce n'est pas bien différent des adultes, à bien y penser. Il y a donc peu d'efforts particuliers à faire pour les combler, à condition de tenir compte de trois choses :
  1. La néophobie alimentaire, soit la crainte de goûter ou de ne pas aimer un aliment inconnu, est fréquente chez les enfants entre 2 et 10 ans, parfois plus.
  2. Plusieurs aliments peuvent causer des étouffements chez les petits, surtout entre 0 et 5 ans. C'est le cas des bonbons durs, des bonbons mous comme les guimauves et les jujubes, des gros morceaux de viande, des raisins frais ou secs, des petites carottes crues, des saucisses, des arachides, des noix ou du maïs soufflé, souvent offerts en libre-service dans les partys.
  3. La patience des enfants a des limites: si les adultes peuvent attendre longtemps avant de passer à table ou étirer la soirée, les enfants perdent leur bonne humeur à la vitesse grand V surtout s'ils ne mangent pas quand ils ont faim ou s'ils doivent rester à table sans rien faire.

On marque des points avec:

  • Des aliments qu'ils connaissent et qu'ils aiment déjà.
  • Un repas composé de plusieurs éléments servis en petite quantité, pour augmenter les chances que l'enfant trouve au moins une chose (en plus du pain) à son goût.
  • Un souper servi tôt pour éviter que la faim ou la fatigue les rendent maussades.
  • Des surprises, comme changer de place au dessert ou de petits sacs-cadeaux (jouets, friandises), qui cassent le rythme.
  • Des activités pendant que les adultes s'éternisent à table : jeux de société, film, dessins, coloriage ou autre activité relativement tranquille (!) selon leur âge.
  • Une table juste pour eux ou encore des sujets de conversation qui les intéressent s'ils prennent place à la même table que les adultes.

Invitée n°2: La tante végé

Même si végétarien rime avec lapin et que tous deux apprécient les légumes, votre invité aura faim pour autre chose que de la salade et des crudités, dépourvues de protéines. Si la tante végétarienne vous sera reconnaissante de ne pas lui servir du ragoût de pattes ou de la tourtière, sachez qu'elle évitera peut-être d'autres produits.
  1. La plupart des végétariens ne mangent pas d'aliments d'origine animale, comme la viande, la volaille, le gibier, les charcuteries et les produits de la mer. On n'y pense pas toujours, mais cela inclut aussi les terrines, aspics et plusieurs desserts, comme le Jello, qui contiennent de la gélatine, qui provient des os de bœuf. En revanche, certains végétariens mangent des œufs, du beurre et des produits laitiers, même s'ils ne mangent pas de viande.
  2. Votre tante est-elle flexitarienne (mange de la viande occasionnellement) ou végétalienne (ne consomme aucun aliment du règne animal) ? N'hésitez pas à lui poser des questions sur ce qu'elle mange ou pas. Et si elle propose d'apporter un plat, acceptez. Elle sera heureuse de partager l'une de ses spécialités avec les autres invités.
  3. Invité végé = deux menus plutôt qu'un ? Pas forcément. On peut remplacer le bouillon de poulet par un bouillon de légumes et inclure au menu un plat de pâtes ou un risotto, toujours populaire auprès des invités, végé ou non. Certains végétariens excluent les œufs et produits laitiers : on peut les éviter dans le dessert ou préparer deux desserts, ce qu'on fait déjà souvent à Noël.

On marque des points avec:

  • Des trempettes, entrées ou accompagnements végétariens à base de légumineuses, pommes de terre, orge, riz, quinoa ou orzo.
  • Notre Bouchée au tofu et au concombre
  • De la cuisine du monde, comme les lentilles à l'indienne ou la soupe minestrone aux haricots blancs, qui offrent de délicieuses protéines végétales.
  • Des fruits frais et séchés et diverses tartinades, en plus des noix et du pain déjà servis avec le plateau de fromages.
  • De l'huile d'olive à la place du beurre pour tremper le pain.
  • Une boisson végétale à base de soya, de riz ou d'amandes, à servir avec le café.

Invitée n°3: La cousine enceinte

Les femmes enceintes ont toutes sortes de caprices et d'envies, c'est vrai. Mais elles ont surtout des restrictions alimentaires, qui visent à les protéger, elles, autant que leur bébé. En effet, le système immunitaire s'affaiblissant durant la grossesse, le risque d'intoxication alimentaire augmente. On suggère donc d'éviter :
  1. Les viandes et poissons crus ou peu cuits, comme les tartares, les sushis, le ceviche, les poissons fumés, les huîtres fraîches, etc.
  2. Les préparations à base d'œuf cru, comme la mayonnaise maison ou la vinaigrette César maison, les sauces hollandaise et béarnaise, le tiramisu, la mousse au chocolat, etc.
  3. Les fromages au lait cru, bleus ou à pâte molle, comme le brie ou le camembert, même pasteurisés. On leur préfère le cheddar,le gruyère ou le romano.
  4. Les pousses et les germes, comme la luzerne. Ils sont difficiles à nettoyer, il est donc préférable de ne pas en servir à une femme enceinte.

On marque des points avec:

  • Du moût de pomme pétillant, des eaux aromatisées, du cidre ou de la bière sans alcool, des cocktails « virgin ».
  • Un siège avec un coussin à proximité des autres invités.
  • Une cuisine bien ventilée pour éviter les odeurs fortes de poisson, d'ail ou de friture.
  • Un menu léger en gras.
  • Un verre de lait avec le dessert.
  • Des antiacides à base de calcium dans la pharmacie.

Invitée n°4: La grand-maman à l'appétit d'oiseau

Le sentiment de satiété s'atteint plus rapidement chez les personnes âgées, puisque leur estomac met deux à trois fois plus de temps à se vider après le repas précédent que celui de jeunes adultes. De plus, les personnes âgées n'aiment pas gaspiller la nourriture. Alors, les assiettes trop copieuses du temps des fêtes n'ont plus pour elles le même attrait que pour les jeunes gourmands qui se servent deux fois.
  1. Grand-maman n'aime probablement pas les mets trop riches en gras, qui prennent plus de temps à digérer et peuvent causer de l'inconfort.
  2. Les grignotines salées, souvent proposées à l'apéritif, donnent soif et les portent à boire davantage d'eau, ce qui diminue encore leur appétit.
  3. On n'insiste pas pour leur servir de l'alcool, contre-indiqué avec certains médicaments.

On marque des points avec:

  • De plus petites portions ou une formule buffet où les invités peuvent se servir eux-mêmes, selon leur appétit.
  • Une assiette que l'on réchauffe en cours de repas, surtout si grand-maman mange plus lentement.
  • Une boisson chaude sans caféine qui ne nuira pas au sommeil, comme le café déca, le thé rouge (Rooibos), les tisanes et une tasse d'eau chaude citronnée.
  • Son plat préféré, qu'elle ne prend plus le temps de cuisiner.

Invitée n°5: L'ado allergique

C'est une réalité : de plus en plus de gens souffrent d'une ou de plusieurs allergies. Noix, œufs, poisson, soya, gluten… Les allergies et les intolérances alimentaires ne sont pas des caprices, et leurs conséquences peuvent être graves. On ne peut donc les prendre à la légère. Une quantité minime de l'allergène, même invisible à l'œil nu, suffit à provoquer une réaction. La vigilance est de rigueur.
  1. On consulte l'invité allergique, on lui présente le menu à l'avance ou on lui demande conseil sur la préparation du repas, les sources possibles d'allergène(s) et les meilleurs choix d'ingrédients. S'il s'agit d'un enfant, on est à l'écoute du parent.
  2. On sert la personne allergique en premier ou on lui offre de passer au buffet avant les autres, afin d'éviter la contamination croisée.
  3. On conserve les emballages qu'on sert : notre invité pourra les consulter s'il se questionne sur un mets ou un ingrédient en particulier. Selon la loi, il est obligatoire de déclarer sur l'emballage la présence possible de 13 allergènes.

On marque des points avec:

  • Informant nos invités qu'il y a une personne allergique à table.
  • Utilisant des ustensiles spécifiques pour chaque mets.
  • Nettoyant vigoureusement toutes les surfaces et tous les ustensiles de travail, y compris nos mains, qui doivent être lavées fréquemment.
  • Évitant les aliment déjà entamés, comme le beurre du beurrier familial, qui pourrait avoir été contaminé par un couteau au préalable.
  • Achetant des aliments emballés et en examinant la liste d'ingrédients. Il faut aussi éviter ce qui est vendu en vrac.

La règle d'or

Il vaut toujours mieux s'informer auprès de nos invités AVANT la réception pour savoir s'ils ont des allergies, des intolérances ou s'ils évitent certains aliments, peu importe la raison, que ce soit par aversion, pour des motifs personnels ou religieux. Cela évite bien des désagréments, aussi bien pour l'hôte que pour l'invité.

Et si vous devez préparer un repas pour une cousine à la fois enceinte, végétarienne et allergique ? C'est le moment parfait de vous souvenir que, cette année, c'est à son tour de recevoir !

Hélène Laurendeau

Passionnée d’alimentation, de santé et de voyages gourmands, Hélène adore partager ses trouvailles avec le grand public. Diplômée en nutrition (Université de Montréal) et en épidémiologie (McGill), elle est active dans les médias depuis plus de 25 ans. À la télévision, elle fait équipe avec Ricardo depuis 2005 pour vulgariser ses connaissances avec la bonne humeur qu’on lui connaît. À la radio, Hélène collabore aussi chaque jeudi à l’émission Bien dans son assiette (Ici Radio-Canada Première). On peut également la lire dans le magazine Ricardo. Pour suivre Hélène sur les réseaux sociaux :
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